La pièce se déroule pendant l’Insurrection du Sud et sa répression sanglante. Cependant Ina Césaire nous précise dans son introduction qu’il ne s’agit pas d’une pièce historique, mais bien d’une pièce à caractère intimiste.
Effectivement « Rosanie Soleil » est d’abord une pièce sur les femmes. Des femmes liées entre elles comme avec le monde extérieur. Chacune cherchant à taire sa propre implication dans les événements historiques pour protéger les autres. C’est donc également une pièce sur la parole et les non-dits, sur l’expression orale antillaise qui mêle à la narration les proverbes, les métaphores, les allusions…
La violence tentera d’entrer dans l’univers des quatre personnages : La mère, Man Soleil ; ses deux filles Rosanie et Eïnasor, ses « doublons » jumelles inversées ; et la voisine Fumée qui a, semble-t-il, perdu la raison. Heureusement que les gestes quotidiens, la parole poétique et l’action pratique des deux sœurs réussiront à les préserver, et à sauver cet homme mystérieux… absent… ou se faisant parfois remarquer par le son d’un tambour, d’un ti-bwa dans la maison…
Si Rosanie Soleil est le seul personnage historique, cette famille théâtrale entière nous transmet un peu de la réalité de l’âme du Pays Martinique.